Un nouveau poste de professeur émerite vacant

Après Alain Desrosières et Robert Castel, voilà que Raymond Boudon nous a quitté. Je ne vais pas me lancer dans un éloge, ce serait aussi maladroit que malhonnête. Je remarque par contre une constante dans les articles annonçant sa mort : tous citent Bourdieu, tous notent qu’il était un adversaire. Seul problème, tous oublient de citer des travaux de Boudon. Comme s’il n’avait rien fait d’autre que de s’opposer à Bourdieu, qui se trouve encore une fois consacré comme étant la référence, en étant cité négativement (la magie du « tant qu’on parle de vous, c’est positif »). On a du mal à croire ce chroniqueur du Figaro lorsqu’il parle de Bourdon comme un sociologue qui « pourrait s’imposer comme une valeur sûre et durable » à l’avenir, mais parle surtout de l’opposition à Bourdieu : par hasard, est ce que ce n’est pas une figure rhétorique involontaire pour affirmer une chose le temps d’une phrase, et montrer globalement autre chose ? Que Boudon n’est aujourd’hui (et ne sera?) que « l’anti-Bourdieu » des années 70 (le seul livre cité est celui de 1973, l’inégalité des chances), et rien pour lui même ensuite ? Juste un penseur libéral ? Les hommages funèbres sont parfois des cadeaux empoisonnés…

[et quelques semaines plus tard : effectivement il y a eu des hommages. Mais pas dans mes réseaux. Alors que la mort de Desrosières avait fait éclore plusieurs statuts attristés, la mort de Boudon n’a même pas été évoquée. Heureusement, Star Actu était là]

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6 réponses à “Un nouveau poste de professeur émerite vacant

  1. Oh… il est lu… (et ce n’est pas un fan du personnage qui écrit ce commentaire) Pas seulement par les auteurs de http://www.bardwell-press.co.uk/publications/boudon.htm « Rémonboudon, a life in sociology », 1624 pages, 525£ (616€ ! ! !). « Effet pervers et ordre social » ce n’est pas mal. Ses textes sur les « bonnes raisons » ont des disciples ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Gérald_Bronner ). Il y a aussi le GEMASS (http://www.gemass.fr pour qui il est le père fondateur). Et n’oublions pas ce classique : Davidovitch (André), Boudon (Raymond). Les mécanismes sociaux des abandons de poursuite. Analyse expérimentale par simulation, L’Année sociologique, 1964, p. 111-244. [1964, une analyse par simulation…]

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